Cinélégende

accueil > archives > > programme 2017-18> Mémoire résurgente

mémoire résurgente 

mardi 20 février, 20h15 : Film
Frantz  (France, Allemagne, 117 min.) de François Ozon, avec présentation et débat en présence de Louis Mathieu

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers

Tarifs habituels aux 400 Coups : 8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

> jeudi 22 février, 18h30 : Conférence
Les fantômes de la mémoire, par Geoffrey Ratouis, docteur en histoire, spécialisé en histoire culturelle

Si un présent sans passé est un futur sans avenir, l'oubli, volontaire ou involontaire, conscient ou inconscient, n'empêche guère les fantômes de la mémoire de hanter nos jours et nos nuits. Regrets et remords comme autant de visages oubliés trouvent un malin plaisir à se rappeler à notre bon souvenir, comme pour mieux souligner nos fautes et nos erreurs. Peut-on échapper à notre passé jusqu'à l'exorciser ?
Institut Municipal, place Saint-Eloi, Angers
Gratuit

vendredi 24 février, 20h à 22h : Atelier d'écriture avec Schéhérazade (Véronique Vary)
La Marge, 7 rue de Frémur, Angers
Ouvert à tous : novices ou plus expérimentés
40 euros le cycle / 12 euros l'atelier
Renseignements et réservations : 02 41 86 70 80 - varyveronique@hotmail.com

mardi 27 février, 20h15 : Film
Le Jour des corneilles (France, 96 min.) de Jean-Christophe Dessaint, avec présentation et débat en présence de Gildas Jaffrennou, enseignant cinéma

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers

à partir de 8 ans
Tarifs habituels aux 400 Coups : 8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

Commentaires

Textes de Philippe Parrain

La mémoire permet de rappeler à soi ce qui a été, de revivre, en esprit, les faits qui vous ont façonné, de retrouver les êtres qui vous ont accompagné, d'évoquer les bons et les mauvais moments. Mais il est aussi certains jours où ce sont les vestiges du passé qui, d'eux-mêmes, resurgissent sans crier gare et viennent se mêler à votre vie quotidienne. Les traditions populaires nous parlent de ces périodes de l'année - Halloween, Noël ou Carnaval - où les morts franchissent les frontières de l'au-delà et reviennent visiter leurs proches.

Cette confrontation avec ce qui n'est plus est inévitablement troublante. Elle peut s'avérer traumatisante, placée sous le signe de la terrible déesse Hécate qui attise les cauchemars et les terreurs nocturnes. Les morts-vivants et autres vampires se lèvent de leurs tombes, les maisons hantées perpétuent le souvenir de quelque crime impuni... On veille à ce que les morts soient bien enterrés, avec une bonne pierre tombale par-dessus, afin de les empêcher de revenir, car un décès est souvent porteur d'inquiétudes, lourd de doléances et de conflits latents irrésolus.

Le retour des défunts peut aussi se manifester de façon plus intime et convoquer des figures tutélaires, plus bienveillantes. On peut le solliciter en commémorant ses chers disparus. Les souvenirs alors peuvent doucement éclore et leur redonner vie afin qu'ils viennent nous procurer réconfort et bons conseils.

Frantz

Ozon a hésité à adapter le drame L'Homme que j'ai tué, conçu dans l'entre-deux-guerres par Maurice Rostand, que Lubitsch avait déjà porté à l'écran en 1932. Il innove cependant en inversant le point de vue : au lieu de suivre le soldat français venu rechercher en Allemagne la paix de l'âme, il s'attache au deuil de la jeune femme, ce qui permet de ne découvrir que plus tard la vérité de la situation et d'entretenir, à défaut d'un véritable suspense, une perpétuelle ambiguïté. Il prolonge également le récit au-delà du retour d'Adrien : cela lui permet, tout en transposant, par un effet de miroir, l'action en France, d'enrichir le personnage d'Anna.

Le réalisateur est connu pour la diversité des genres et des sujets qu'il aborde. Il nous propose ici un film d'époque mis en valeur par un somptueux noir et blanc, émaillé de bouffées de couleurs, qui entre parfaitement en résonnance avec le thème et avec la période, même s'il aurait été imposé pour des raisons économiques. On ne peut pas ne pas penser aux images du Ruban blanc, ou encore à la délicatesse des chroniques de Heimat.

On retrouve, à côté d'un superbe portrait de femme, le thème du deuil, de l'absence qui irrigue nombre de films d'Ozon (Sous le sable, Le Temps qui reste ou Refuge ). Il y est aussi question, comme dans L'Amant double, d'un alter ego dissimulé. Mais c'est avant tout l'affirmation d'un pacifisme précaire mais nécessaire qui se fait jour à travers l'évolution des sentiments.

voir le dossier pédagogique 

Le Jour des corneilles 

Ce premier long métrage de J.-C. Dessaint n'est pas sans rappeler le sujet de L'Enfant sauvage : la mise en contact avec la société humaine d'un enfant qui a grandi au seul contact de la nature. Il s'agit de l'adaptation d'un roman, un récit introspectif initialement destiné aux adultes et écrit dans une langue maniérée qui célèbre le pouvoir des mots en convoquant le vieux français, l'argot et toutes sortes de néologismes : "Rien n'y manquait : depuis l'eau de pluie amassée dans la barrique pour nos bouillades et mes plongements, jusqu'à l'âtre pour la rissole du cuissot et l'échauffage de nos membres aux rudes temps des frimasseries…"

Cette histoire d'une insatiable quête d'amour au sein d'un environnement brutal a été convertie, à l'intention des enfants, en un film d'animation "à l'ancienne". Si les personnages font l'objet d'un traitement sommaire, souvent grotesque, le décor, somptueux, propose de subtils jeux de lumières et évoque les grands peintres paysagers.

La bande son a fait appel à des voix d'acteurs bien connus. A noter qu'il s'agit là de la dernière contribution au cinéma de Claude Chabrol, peu de temps avant sa mort.

voir le dossier pédagogique 

Programme 2017-18

 

 

frantz

France, Allemagne- 2016 - 117 minutes - noir et blanc / couleurs - VO

Réalisation : François Ozon
Scénario : François Ozon, d'après le film L'Homme que j'ai tué d'Ernst Lubitsch
Image : Pascal Marti
Musique : Philippe Rombi
Interprètes : Paula Beer (Anna), Pierre Niney (Adrien Rivoire), Ernst Stötzner (Hans Hoffmeister), Marie Gruber (Magda Hoffmeister)

SUJET
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Elle découvre là un étrange jeune homme venu s'y recueillir : un jeune Français qui, lui aussi, se souvient de son ami allemand. Cette rencontre va bouleverser Anna, tandis que la présence en ville de cet ancien ennemi réveille des réactions passionnelles.

le jour des corneilles

France - 2011 - 96 minutes - animation - couleurs

Réalisation : Jean-Christophe Dessaint
Scénario : Amandine Taffin, d'après le roman de Jean-François Beauchemin
Direction artistique : Patrice Suau
Musique : Simon Leclerc
Interprètes : Jean Reno (le père Courge), Lorànt Deutsch (le fils Courge), Isabelle Carré (Manon), Claude Chabrol (le docteur), Bruno Podalydès), Philippe Uchan (le maire)

 

SUJET
Isolé au cœur d'une grande forêt, un jeune garçon grandit en petit sauvage aux côtés de son père, un colosse bourru et tyrannique qui le maintient dans l'ignorance du monde des hommes. Ses seuls compagnons sont de muets fantômes qui, sous forme animale, communiquent avec lui par signes.

Il doit pourtant, un jour, aller chercher du secours pour son père blessé. Enfreignant la règle, il sort du bois et arrive dans un village où il rencontre Manon, la fille du docteur qui accepte de soigner son père. Avec elle, il éprouve un sentiment qui lui était jusque là resté étranger : l'amour. De retour dans la forêt, il va découvrir le secret de la mort de sa mère et la raison du caractère farouche de son père...