Cinélégende

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mémoire narrative

mardi 12 décembre, 20h15 : Film
Fais de beaux rêves (Italie, 134 min.) de Marco Bellocchio, avec présentation et débat en présence de Louis Mathieu

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers
8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

jeudi 14 décembre, 18h30 : Conférence
L'encre de la mémoire ou l'auto-légende , par Geoffrey Ratouis, docteur en histoire, spécialisé en histoire culturelle

De La Guerre des Gaules de Jules César aux Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand, en passant par les Pensées de Pascal et les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, hommes politiques, chefs de guerre, penseurs et écrivains ont toujours pris soin d'écrire leur propre légende. Parfois d'une rigueur à l'épreuve de toutes critiques, parfois hagiographiques, les autobiographies n'en demeurent pas moins des tranches de vie où chacun pourra trouver une part de soi-même.
Institut Municipal, place Saint-Eloi, Angers
Gratuit

vendredi 15 décembre, 20h à 22h : Atelier d'écriture avec Schéhérazade (Véronique Vary)
La Marge, 7 rue de Frémur, Angers
Ouvert à tous : novices ou plus expérimentés
40 euros le cycle / 12 euros l'atelier
Renseignements et réservations : 02 41 86 70 80 - varyveronique@hotmail.com

mardi 20 décembre, 13h30 : Film
Hugo Cabret (USA, 128 min.) de Martin Scorsese, avec présentation et débat en présence de Gildas Jaffrennou, enseignant cinéma

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers

à partir de 5 ans
Tarifs habituels aux 400 Coups : 8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

Commentaires

Textes de Philippe Parrain

Nous avons vu comment une mémoire secrète nous imprègne et, à notre insu, détermine nos comportements les plus élémentaires. Mais c'est Mnémosyne qui permet à nos souvenirs d'affleurer à la conscience. Et c'est elle qui, en nous faisant don de l'écriture, a permis de les graver pour la postérité. Grâce à elle il est possible de se raconter des histoires, et d'en tirer des leçons de vie.

C'est ainsi que naissent les légendes, du latin legenda, "ce qui doit lu" et, par conséquent, ce qui doit être écrit. Les histoires de vie ont pour vocation de devenir exemplaires. Il ne faut pas oublier que, dans "raconter", il y a "conte", et il semble inévitable que la mémoire magnifie (ou dégrade) les souvenirs, aussi bien lorsque l'on fait son autobiographie que lorsque l'on évoque un personnage historique ou purement imaginaire.

De tous temps, l'Homme a souhaité perpétuer ses émotions et les hauts faits de sa vie quotidienne. Il les a d'abord enregistrés sous forme de signes, puis transmis par la tradition orale, avant de les archiver par l'écrit, & le son ou l'image, avant de les confier à la mémoire exponentielle des réseaux informatiques qui peut être vue comme une hypermnésie pathologique.

S'il peut suffire de l'intensité d'un regard pour raconter toute une vie, les récits cinématographiques peuvent être considérés comme autant de flash-back réactivant une réalité vécue et permettant de véritablement remonter dans les arcanes des souvenirs réels ou imaginaires.

Fais de beaux rêves

Bellocchio a imaginé de nouvelles séquences par rapport au best-seller qu'il a choisi d'adapter : un roman autobiographique qui, en 2012, a connu un immense succès en Italie. Il a par contre négligé certains moments de la vie de son héros, notamment son adolescence et sa jeunesse, tandis que certains points, comme par exemple l'allusion à cette boîte d'allumettes avec laquelle sa mère a allumé sa dernière cigarette avant de mourir, ne peuvent être compris que par ceux qui ont lu le livre.

Il se défend de tout sentimentalisme et s'affirme comme un réalisateur engagé dont les films sont fermement ancrés dans leur contexte historique. Mais l'imaginaire tient une grande place dans son œuvre, ce que semble indiquer la dimension onirique du titre du film. Si le scénario mêle les époques, l'histoire semble en fait être racontée au présent, celui de l'adulte qui revient sur son passé et se rappelle des temps, radieux ou non, émotionnellement amplifiés par le souvenir.

Depuis Les Poings dans les poches, qui révéla le réalisateur en 1965, il accorde souvent un rôle central au personnage de la mère.

Hugo Cabret

Hugo Cabret apparaît comme une exception dans la carrière de Scorsese qui, de Taxi Driver aux Gangs of New York , nous a habitués à des scénarii plus musclés. Mais ce regard porté sur l'enfance, en même temps que sur l'éclosion d'un art, répond à une des vocations de ce cinéphile passionné qui s'est consacré à la mémoire du cinéma en fondant la World Cinema Foundation pour restaurer des films anciens et en nous conviant, dans ses documentaires, à des Voyages à travers les cinémas américain et italien. Il a d'ailleurs tenu à rendre ici un bel hommage à Méliès en incarnant personnellement un simple photographe venu l'immortaliser.

Le Paris qu'il nous donne à voir mêle fantaisie et réalité historique (l'épisode du train éventrant la façade de la gare a vraiment eu lieu ; c'était le 22 octobre 1895...). Il renoue ainsi avec la tradition qui oppose, dès l'invention du cinéma, la rigueur des Lumière, témoins de leur temps, aux fantasmagories du magicien Méliès. Et, dans ce portrait véridique d'un vieux marchand de jouets, Scorsese ne s'est pas privé d'enjoliver l'histoire en faisant appel à de nouveaux effets spéciaux que n'aurait sans doute pas reniés le Maître.

voir le dossier pédagogique 

Programme 2017-18

 

 

fais de beaux rêves

Italie - 2016 - 134 minutes - couleurs - VO

Réalisation : Marco Bellocchio
Scénario : Valia Santella, Edoardo Albinati et Marco Bellocchio, d'après le roman de Massimo Gramellini
Image : Daniele Cipri
Musique : Carlo Crivelli
Interprètes : Valerio Mastandrea (Massimo adulte), Bérénice Bejo (Elisa), Guido Caprino (le père de Massimo), Emmanuelle Devos (la mère d'Enrico)

SUJET
Inspiré d'un roman autobiographique, le film retrace la vie de Massimo qui, à neuf ans, a perdu sa mère dans des circonstances mystérieuses. L'enfant a alors éperdument refusé d'accepter cette mort.

Trente ans plus tard, il est devenu journaliste sportif, puis reporter de guerre. Mais il n'a jamais cessé de chercher à comprendre pourquoi et comment sa mère a disparu. Persuadé de l'avoir trop aimée, il peine à s'engager dans une vie sentimentale. Lorsqu'il revient à Turin pour vendre l'appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l'obsession…

hugo cabret

USA - 2011 - 128 minutes - couleurs - VF

Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : John Logan, d'après L'Invention de Hugo Cabret de Brian Selznick
Image : Robert Richardson
Décors : Dante Ferretti
Musique : Howard Shore

 

SUJET
Paris, les années 30. Suite à la mort de son père, Hugo Cabret, 12 ans, s'est réfugié dans les combles de la gare de l'Ouest (Montparnasse désormais). Il en assure secrètement l'entretien des horloges, en même temps qu'il tente de réparer un automate mécanique que son père avait entrepris de restaurer. Grâce à une autre orpheline, Isabelle, qui devient son amie, il retrouve la clef en forme de cœur qui lui permet de fonctionner. Hugo se fait rabrouer par un vieil homme, vendeur de jouets, l'oncle de la jeune fille. Mais il découvre que cet homme cache un secret. Il n'est autre que Georges Méliès qui, après avoir inventé et rêvé le cinéma de fiction, est tombé dans l'oubli...