Cinélégende

accueil > archives > > programme 2017-18> Mémoire perturbée

mémoire perturbée

mardi 17 avril, 20h15 : Film
9 mois ferme (France, 82 min.) de Albert Dupontel, avec présentation et débat en présence de Louis Mathieu

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers

Tarifs habituels aux 400 Coups : 8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

jeudi 19 avril, 18h30 : Conférence
Les méandres de la mémoire, par Geoffrey Ratouis,docteur en histoire

Nos souvenirs recouvrent-ils la réalité ou sont-ils seulement une reconstruction de notre passé. Mensonges, négations, oublis, déformations et omissions font de notre mémoire un labyrinthe duquel il est difficile de sortir pour en avoir une vue d'ensemble. Oscillant entre amnésie et hypermnésie, notre mémoire nous emmène dans ses méandres à la recherche de ce que nous avons été pour savoir qui nous sommes.
Institut Municipal, place Saint-Eloi, Angers
Gratuit

vendredi 20 avril, 20h à 22h : Atelier d'écriture 
 avec Schéhérazade (Véronique Vary)

La Marge, 7 rue de Frémur, Angers
Ouvert à tous : novices ou plus expérimentés
40 euros le cycle / 12 euros l'atelier
Renseignements et réservations : 02 41 86 70 80 - varyveronique@hotmail.com

mardi 24 avril, 13h30 : Film
Lettre à Momo (Japon, 120 min.) de Hiroyuki Okiura
Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers, tél. : 02 41 88 70 95
à partir de 7 ans
Tarifs habituels aux 400 Coups : 8 €, réduit 6,50 €, carnets 5,30 € ou 4,70 €, moins de 26 ans 5,90 €, moins de 14 ans 4 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 3,80 €

Commentaires

Textes de Philippe Parrain

Lorsqu'en Grèce les morts étaient sur le point de quitter les Enfers afin de revenir à la vie, ils traversaient le fleuve Léthé dont ils devaient boire l'eau. C'est ainsi qu'ils trouvaient l'oubli de leur existence antérieure, et surtout qu'ils pouvaient se définir une nouvelle identité.

L'amnésie et la reconstitution d'une personnalité perpétuent ce mythe ; elles constituent une inépuisable source d'inspiration pour les scénaristes. Mais le fait de perdre la mémoire ou de la voir s'altérer est plus troublant lorsqu'il se produit dans notre environnement quotidien. Quoi de plus insaisissable, de plus malléable que la mémoire ? Les souvenirs, quand ils ne sont pas refoulés, vont et viennent, et on les voit se modifier avec le temps. Les émotions se mêlent volontiers à eux pour engendrer d'étranges chimères.

Il semble difficile, voire impossible, de localiser précisément les souvenirs, et surtout de distinguer sous quelle forme ils s'impriment dans le cerveau. En quoi s'y distinguent-ils matériellement des rêves ou des fantasmes ? Le cinéma inscrit les uns et les autres dans le même registre, sur le même support.

La psychologue Elisabeth Loftus, qui s'est longuement interrogée sur les faux souvenirs, parle d'un "pot-pourri de faits, de fantasmes, de déformations et d'affabulations" à travers lesquels toute recherche de vérité peut se révéler illusoire.

9 mois ferme

"S'inspirant" du documentaire de Raymond Depardon 10ème chambre - Instants d'audience (2003), Dupontel a développé pour ce film une situation invraisemblable. Mais, en confiant le rôle de la présidente du tribunal à Michelle Bernard-Requin, laquelle officiait personnellement à la 10ème chambre, il s'est en quelque sorte assuré d'une certaine caution judiciaire.

Cinélégende pour une fois propose une comédie qui permet de ressortir de la salle le sourire aux lèvres. Dupontel, renonçant à l'aspect outrancier de certains de ses films, sait ici allier avec bonheur un humour subtil avec des situations délirantes et même quelques séquences gores parodiques. Il rejoint par là l'art d'un Blake Edwards en imaginant, comme dans les grandes comédies américaines, un couple improbable.

9 mois ferme s'affirme comme un film de qualité, bourré d'idées visuelles. Débutant par un plan-séquence virtuose, le long-métrage impose immédiatement la signature d'un réalisateur toujours préoccupé par l'image. Les acteurs y composent des personnages hauts en couleur, et Sandrine Kiberlain y a bien mérité le César de la meilleure actrice. En prime, Dupontel trahit ses affinités en confiant de petits rôles que ce soit à Jean Dujardin, à Bouli Lanners ou à Terry Gilliam pour le rôle du monstre.

voir le dossier pédagogique 

Lettre à Momo

Deuxième film d'Okiura, après Jin-Roh, la brigade des loups (1999), Lettre à Momo est le fruit de sept années de gestation. Le réalisateur s'y est pleinement exprimé. L'animation y est traditionnelle, presque entièrement réalisée à la main. Il s'agit là de son premier scénario original : alors qu'il avait insisté pour glisser, dans le scénario qu'Oshii lui avait soumis pour Jin-Roh, une histoire d'amour, laquelle paraphrasait le conte du Petit Chaperon rouge, il donne ici libre cours à sa sensibilité pour nous plonger dans le monde des légendes.

L'écriture d'Okiura est bien différente de celle de Miyazaki, mais lui aussi puise dans le formidable vivier des légendes, monstres et merveilles qui enrichit l'imaginaire japonais et qui caractérise la religion shinto, fondée sur un certain animisme : les éléments naturels et les êtres vivants sont environnés d'une foule d'esprits, invisibles à nos yeux d'Occidentaux, mais très présents dans les traditions et la vie quotidienne des Japonais.

C'est ainsi que le film met en scène des Yokaïs, sortes de monstres qui, sans vraiment appartenir à notre monde, s'imposent d'une façon très concrète, voire triviale. À la fois fantômes et anges gardiens, ils peuvent prendre les formes les plus diverses. Ils ont fait l'objet d'une multitude de représentations dans des livres illustrés ou au sein des temples. Ils apparaissent aujourd'hui comme protagonistes de jeux et sont mis à contribution en tant que pôles d'attraction touristique pour redynamiser certaines régions.

voir la fiche pédagogique

Programme 2017-18

 

 

9 mois ferme

France- 2012 - 82 minutes - couleurs

Réalisation : Albert Dupontel
Scénario : Albert Dupontel
Image : Vincent Mathias
Musique : Christophe Julien
Interprètes : Sandrine Kiberlain (Ariane), Albert Dupontel (Bob), Nicolas Marié (Me Trolos), Philippe Uchan (juge de Bernard), Bouli Lanners, Michel Fau, Yolande Moreau, Jean Dujardin...

SUJET
Ariane Felder, juge quadragénaire, célibataire endurcie, se retrouve, après le réveillon du jour de l'an, inexplicablement enceinte … Il faut dire que ses collègues de travail l'avaient alors fait boire plus que de raison. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que les tests de paternité affirment que le père de l'enfant n'est autre que Bob, un criminel incarcéré à la suite d'une atroce agression.

Tandis qu'Ariane, qui ne se souvient de rien, tente de comprendre ce qui s'est passé, Bob profite de la situation pour essayer de prouver son innocence...

lettre à momo

France - 2011 - 96 minutes - animation - couleurs

Réalisation : Jean-Christophe Dessaint
Scénario : Amandine Taffin, d'après le roman de Jean-François Beauchemin
Direction artistique : Patrice Suau
Musique : Simon Leclerc
Interprètes : Jean Reno (le père Courge), Lorànt Deutsch (le fils Courge), Isabelle Carré (Manon), Claude Chabrol (le docteur), Bruno Podalydès), Philippe Uchan (le maire)

 

SUJET
Momo conserve une lettre inachevée écrite par son père récemment décédé. Sa mère décide de quitter Tokyo et d'aller habiter avec elle dans son île natale. Momo s'y ennuie et se souvient douloureusement de la dispute qu'elle a eue avec son père juste avant qu'il ne disparaisse. Elle découvre dans le grenier un vieux manuscrit illustré de figures fantastiques. Bientôt des êtres bizarres lui apparaissent et la terrifient. Importuns et fantasques, ils se mettent à l'accompagner au fil de ses journées jusqu'à ce qu'elle s'accoutume à leur présence...