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lundi 28 novembre, 20h : Film
Captain Fantastic  (USA, 118 min.) de Matt Ross, avec présentation et débat en présence d'Yves Deléchère, professeur à l'Université d'Angers, chaire "Parole et pouvoir d'agir des enfants" et d'Yvelin Ducotey, docteur en études anglophones .
En partenariat avec l'Université d'Angers, la SFR Confluences et le programme EnJeux - Pôle universitaire ligérien d'études sur l'Enfance-Jeunesse.

Cinéma Les 400 coups, 12, rue Claveau, Angers

Tarifs habituels aux 400 Coups : 8,60 €, réduit 6,90 €, moins de 26 ans 6 €, moins de 14 ans 4,50 €, fidélité 5 ou 5,70 € - tarif groupe, les matins  également, sur réservation (02 41 88 70 95) : 4,20 €

jeudi 1er décembre, 18h30 : Conférence
L'adolescence, âge tendre et cruauté, par Geoffrey Ratouis, historien

Passage obligé (ou presque) de l'enfance à l'âge adulte, l'adolescence constitue l'une des principales sources d'inspiration de la littérature et du cinéma. Cendrillon, Blanche Neige, Peau d'Âne, la Belle au Bois Dormant, Harry Potter sont autant de personnages qui incarnent cette métamorphose, souvent brutale, parfois cruelle, durant laquelle la découverte de la sexualité et l'apprentissage des responsabilités sont au centre de toutes les attentions.
Institut Municipal, place Saint-Eloi, Angers
Gratuit

mardi 6 décembre, 18h30 : Film documentaire
Etre et devenir  (2013) de Clara Bellar


Être et devenir aborde le thème de la confiance en l'enfant et son développement, et propose de questionner les apprentissages et les choix possibles.
La réalisatrice nous emporte dans un voyage en France, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Allemagne (où il est illégal de ne pas aller à l'école), à la rencontre de parents qui ont choisi de ne pas scolariser leurs enfants et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne.
Cette quête de vérité sur le désir inné d'apprendre s'inscrit dans un thème plus large que celui de l'éducation, lié au changement de nos croyances et à l'évolution de notre société, et à l'importance de se réapproprier sa vie et sa confiance en soi.

Débat avec avec Richard Lescure, maitre de conférences et professeur honoraire en sciences du langage (Université d'Angers), conseiller en formation, intervenant auprès du CNAM Pays de la Loire, ancien enseignant-chercheur en sciences du langage à Université d'Angers
Université Catholique de l'Ouest, Amphi Bedouelle, 6 r Merlet de la Boulaye, Angers
Gratuit

Commentaires

Textes de Philippe Parrain

Engagé sur le chemin de la vie, l'enfant doit un jour quitter l'innocence de ses premiers pas, qu'il s'agisse du cocon protecteur familial ou de l'impulsivité de ses élans. Il va lui falloir trouver sa place dans la société.
Et pour cela il a besoin de guides : se définir un chemin en commençant par se soumettre à l'autorité d'un maître, passer par des épreuves, se remettre en question, avant d'acquérir son autonomie en endossant son destin : tirer le fil de sa vie, celui sans doute auquel la fée à la quenouille l'avait lié à sa naissance et qu'il lui faudra démêler.

Captain Fantastic

 Le réalisateur évoque sa propre enfance : sa mère s'intéressait aux modes de vie alternatifs et il a été élevé dans le cadre de communautés, au milieu de nulle part, loin de la société de consommation. Privé d'amis alors qu'il aurait voulu avoir une vie sociale, il eut une adolescence particulièrement difficile.
Connu en tant qu'acteur, il s'est fait un nom en tant que réalisateur grâce à Captain Fantastic qui l'a consacré dans divers festivals tout en proposant au spectateur une fructueuse piste de réflexion sur l'éducation.
La sélection des jeunes acteurs a nécessité un casting international, entre les Etats-Unis, l'Angleterre, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ils ont dû se soumettre à un entraînement intensif et apprendre l'escalade, la chasse, les arts martiaux, les langues étrangères, le tir à l'arc... "Ils ont appris à faire un feu, dépecer un cerf, pister un animal, escalader les rochers et même quelques techniques d'arts martiaux. Annelise et Samantha ont appris l'espéranto et Shree a acquis quelques notions de taxidermie. Je ne leur demandais pas de devenir des experts, mais il fallait qu'ils soient crédibles à l'écran."


thèmes mytho-légendaires du film

Le film s'ouvre sur un grand silence, le silence d'une forêt vierge, intemporelle. À partir d'une vue aérienne, la caméra descend doucement vers la terre éblouie de soleil. Le paysage s'anime, les oiseaux chantent, un ruisseau serpente dans les sous-bois… Un cerf flâne, paisiblement, il broute quelques feuilles... Nous sommes à l'aube des temps, au sein du paradis d'avant la création de l'homme. Et soudain l'harmonie originelle est rompue par la violente intrusion de l'homme. Il va falloir que ces humains, grimés de noir, encore sauvages, s'inscrivent dans cette nature apparemment immaculée ; qu'ils se personnalisent et s'implantent sur un territoire.

L'initiation

Aujourd'hui l'enfant est mort. À sa place il y a un homme. 
Ben parlant de Bo

 L'ouverture du film l'inscrit d'emblée sur le thème de l'initiation : Bo est soumis à une véritable épreuve qualifiante, par laquelle il prouve sa valeur et devient un homme au sein de sa communauté. La cérémonie est lourde de symboles : sacrifice d'une victime innocente, onction de son sang, communion avec les fidèles, manducation rituelle et aspersion purificatrice, qui se résolvent en un retour à la quotidienneté, aux jeux et rires. Il est évident que Bo a franchi un cap, que, tout en continuant à partager la vie des siens, il a accédé à un statut supérieur. Ce que confirme le fait qu'il est le seul à accompagner son père à la ville.

Le rite lui-même semble s'inspirer de diverses pratiques traditionnelles que draine la mémoire collective. Les Ménades, adeptes de Dionysos, s'adonnaient aussi sur les montagnes à la chasse du petit gibier qu'elles déchiquetaient à mains nues et dont elles mangeaient la chair crue. Les prêtres aztèques consommaient le cœur encore chaud des victimes sacrifiées. L'initié du culte de Mithra était quant à lui régénéré en étant arrosé par le sang du taureau sacrifié… Autant de pratiques que la religion chrétienne a perpétués en les édulcorant avec l'aspersion du baptême ou l'eucharistie : la manducation de l'hostie, le corps du Christ, et la consommation de son sang.

Arnold Van Gennep insiste sur les trois phases nécessaires à toute initiation : la séparation, la marge et l'agrégation. Le parcours des personnages de Captain Fantastic respecte ce schéma. Indépendamment de leur retraite dans la forêt, à l'écart de la société, il y a d'abord la coupure radicale d'avec la mère, qui se fait encore plus prégnante lorsqu'ils apprennent sa mort. Seul le père, le "Maître", les prendra en charge. L'expérience de la marge correspond à leur errance en quête de leur identité. Et c'est finalement, par-delà leur vie en retrait de la société, leur intégration dans le monde qui représente l'enjeu de leur périple.

L'enracinement

Viens, Esprit. Aide-nous à chanter l'histoire de notre terre. Tu es notre mère, nous, ton champ de maïs. 
Terrence Malick, Le nouveau Monde

Le film se présente comme une interrogation sur le rapport entre vie sauvage et civilisation, un dilemme qui rappelle l'esprit de conquête, d'appropriation du sol qui est inhérent à l'exploration du wild. À rebours cependant de ce rêve américain que représente le mythe de la Frontière et dont se nourrissent bien des westerns, puisque les personnages ici ont choisi de fuir la communauté socialisée des hommes pour faire un retour à un certain état sauvage. Pour eux le wild serait plutôt représenté par la société vers laquelle ils doivent se tourner et qui leur apparaît comme une régression, la perte des valeurs humaines fondamentales.

Bo tout juste adoubé, la dépouille du cerf sacrifié est solennellement ramenée au camp et dépecée. Désacralisé, il nourrira la communauté. Car il faut mettre un terme au temps festif. Ben consulte sa montre, et ses premières paroles sont pour reprendre le rythme de la vie sociale   "Entraînement dans 60 minutes !" Et chacun retrouve sa place dans son habitat forestier et se consacre à ses activités quotidiennes.

C'est alors le descriptif de leur cadre de vie au fond des bois et de la façon dont sont réparties les différentes tâches domestiques. Car la petite communauté autour de Ben Cash est parfaitement organisée ; elle a besoin d'un lieu et d'un ancrage pour s'incarner et pour s'épanouir.

On découvre au passage, parmi tous les aménagements du quotidien, la photo d'une femme. Une grande absente en fait L'ombre de la mère plane sur tout le film. Elle apparaît en rêve dans le sommeil de Ben. Ses enfants brûlent de la revoir. On apprend, avec la lecture de la lettre qu'elle avait adressée à sa mère, que c'est elle qui revendique d'avoir fondé la communauté et qui continue d'inspirer Ben - le Maître, le guru - dans sa mission éducative. N'est-elle pas finalement le personnage principal, qui brille par son absence tout en hantant les mémoires, et dont l'ultime destinée sera, à la fin, l'objet de toutes les initiatives ?

Vers une nouvelle humanité ?

Fay ce que vouldras. 
Rabelais, Gargantua

Telle était l'ambition de Leslie : "Nos enfants seront des philosophes-rois." Ce qui implique qu'ils sont appelés, au sein de l'innocence paradisiaque de leur retraite, à comprendre et à dominer leur environnement. Ils doivent pour cela se soumettre à un entraînement permanent, qu'il s'agisse de se fortifier (gymnastique, lutte), de maîtriser l'espace (jogging, escalade), de se cultiver (lecture, argumentation) ou de s'ouvrir à la spiritualité (méditation)… Et même de respecter une certaine religion, ne serait-ce qu'en remplaçant Noël par l'anniversaire de Chomsky ! Autant de disciplines collectives qui trouvent leur accomplissement harmonieux dans la musique : une démarche quasi mystique pour former l'homme parfait, la matrice du monde nouveau.

Cette utopie semble rejoindre le rêve de Rabelais pour l'abbaye de Thélème : "Ils étaient tant noblement instruits qu'il n'y avait parmi eux personne qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d'instruments de musique, parler cinq ou six langues et en celles-ci composer, tant en vers qu'en prose. Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si nobles, si habiles à pied et à cheval, plus vigoureux, mieux remuant, maniant mieux toutes les armes."

On sait cependant que les plus belles utopies contiennent inévitablement le germe du totalitarisme. Ben s'obstine jusqu'à l'aveuglement à faire le bonheur de ses enfants. Le surnom que le titre du film donne à ce nouveau guru, Captain Fantastic, semble d'ailleurs vouloir promouvoir un super héros plus qu'un éducateur. Et les performances exceptionnelles des enfants se heurtent à la réalité dès qu'ils sortent de leur cocon : Bo perd tous ses moyens lorsque des filles lui adressent la parole.

Descente dans le monde

Je vais entrer dans le Fleuve. Une expression humaine souvent entendue qu'enfin je comprends. C'est l'instant de traverser le gué, mais en face il n'y aura pas de rive, je ne peux trouver de gué que dans le fleuve […] Je vais descendre de notre observatoire éternel. Regarder ce n'est pas regarder d'en haut, c'est regarder à hauteur d'oeil. 
Wim Wenders, Peter Handke, Les Ailes du désir

Les anges qui observent le monde de haut aspirent à y descendre pour s'y humaniser. Même les saints ermites qui, attachés à leur développement spirituel, vivent retirés au fond des bois ou sur les sommets montagneux, ne peuvent ignorer cette société profane dont ils sont issus, ne serait-ce que pour transmette leur vérité. Qui qu'on soit, le but reste d'accéder à la société des hommes : se confronter à la réalité et témoigner, quitte à scandaliser.

La rupture ici correspond à l'intrusion de la mort, celle de l'être aimé. Les enfants restent en suspens, attendant l'annonce. Puis ils s'effondrent, pleurent, s'étreignent, Rellian perd la tête et menace son père d'un couteau. L'exercice d'escalade ne leur permettra pas de dépasser ce sentiment, et la blessure du garçon, après sa révolte, brise définitivement l'harmonie. Une nouvelle épreuve les attend, tandis que Bo apprend qu'il est admis dans plusieurs universités. Il devient enfin temps d'endosser la condition humaine.

Avec le départ de la petite tribu, Captain Fantastic devient road-movie, mais un road-movie à l'envers : dans Into the wild, Christopher quittait l'université pour aller vivre son rêve auprès d'un car délabré. Ici le car prend la route, signant la fin du rêve. L'objectif n'est plus de se libérer d'une vie conformiste, et d'un espace clos et contraignant pour atteindre une destination idéalisée, mais de s'arracher à une vie chimérique et à une certaine liberté naturelle pour aller se confiner dans ce car, se soumettre aux contraintes sociales et finir par rejoindre la famille. La mère de Leslie voudrait pacifier les esprits : "Nous voilà réunis. C'est merveilleux, non ?"

Partis à l'assaut du monde, en quête d'aventure, pétris de convictions, prêts à affronter des Géants, ils rencontrent surtout des déboires, des mises en doute : comme le constate Ben, "certains combats sont perdus d'avance. Les puissants dictent la loi aux plus faibles. Ainsi va le monde".

Les voilà revenus dans un monde qui leur est devenu étranger, un peu comme ces héros de contes qui reviennent dans leur village après avoir vécu au royaume des fées, et qui n'y reconnaissent plus rien ni personne. Tout ce que Ben leur a appris est remis en cause. Bo se retrouve désarmé quand il déclare sa flamme à Claire ; il est tout aussi naïf que Perceval lorsque, jeune chevalier, celui-ci partait à l'aventure et se trouvait en présence d'une gente pucelle…

Il leur faut se plier aux normes du monde : surtout ne pas se moquer des gros, si nécessaire entonner un cantique et s'abstenir de tuer un mouton, car, bêtement domestiqués, ces pièces de gibier ne tentent pas de fuir et "restent plantées là". Ce qui les empêche pas de ruer dans les brancards, de jeter le chaos dans ces temples de la consommation que sont les supermarchés et d'offusquer toute la tablée chez la sœur de Ben. Sans parler de la vaine fanfaronnade au moment de l'enterrement. Quitte au pater familias de reconnaître que son entreprise de régénération "était une très belle erreur. Mais une erreur quand même "

La fin d'un rêve

Supposer qu'il n'y a pas d'espoir, c'est courir au désespoir. Supposer un instinct de liberté, la possibilité de changer les choses, c'est s'autoriser à créer un monde meilleur.  
Noam Chomsky, cité par Rellian

Le film représente en fait une suite de passages, tant pour Bo que pour son père et pour toute la fratrie, une mise à l'épreuve de leur mode d'être et un perpétuel apprentissage. S'ouvrant sur un rituel de passage, il se conclut par un autre passage ritualisé, un adieu libérateur à leur épouse et mère vénérée vers l'au-delà : la crémation de Leslie et l'évacuation de ses cendres dont ils s'acquittent solennellement.

Ben baisse les armes : il se coupe la barbe et s'applique à soigneusement nettoyer le lavabo et la glace. Rellian se rebelle et pique sa crise d'adolescence. Quant à Bo, il se coupe les cheveux et franchit un nouveau cap en imposant à son père son choix de prendre son indépendance et en s'envolant vers sa nouvelle vie d'adulte.

Et l'on retrouve finalement toute la famille, enfin socialisée et tout bonnement installée dans une maison en dur. Steve - le car familial - est immobilisé et transformé en poulailler, et le père et les enfants se tiennent sagement assis autour d'une table, penchés sur leurs devoirs. Seul Ben reste rêveur, il tourne rêveusement la tête vers la lumière de la fenêtre.

le grand passage

Le fils de la Veuve, qui vit solitaire dans la forêt se lève plein d'allant. Il se dépêche de seller son cheval, prend trois javelots et sort du domaine de sa mère…  
Chrétien de Troyes, Perceval ou le conte du Graal

Chrétien de Troyes, Perceval ou le conte du Graal

Photogramme du film Devenir un homme en Afrique de Jean Queyrat (2014)

De l'adoubement du chevalier ou des mutilations rituelles au sacrement de confirmation, à l'épreuve du bac ou à la soumission au bizutage, l'accession à l'âge adulte marque la vie de l'homme ou de la femme. C'est, au sortir de cette période de transition, parfois longue, qui constitue l'adolescence, un moment décisif qui demande à être dignement célébré. Il consacre des années, dirigées ou sauvages, d'apprentissages et d'expérimentations et amène le nouvel initié à s'interroger sur la vie qui sera la sienne.

Le gué périlleux

Certains refusent de grandir. Ils éprouvent du mal à affronter le monde réel et craignent d'assumer des responsabilités d'adulte. Le psychanalyste Dan Kiley parlait du "syndrome de Peter Pan" qui pourrait bien avoir touché aussi le petit héros du Tambour. Il est vrai que ce passage incontournable peut susciter quelques angoisses et il exige quelque accompagnement. C'est là qu'interviennent précepteur, duègne ou directeur de conscience, maître à penser ou maître d'armes, sans parler bien sûr des parents qui guident l'enfant vers sa maturité.

En Grèce ancienne, c'étaient les hommes mûrs qui pouvaient prendre pour amant un adolescent, sans qu'il y soit question d'homosexualité. Cette pratique prétendait être une initiation pour les jeunes éphèbes qui devaient faire leur transition entre l'enfance et l'intégration définitive à la vie sociale.

Les mythes nous présentent de futurs héros en formation, dont l'enfance, d'abord menacée, les prépare à suivre leur destin et à rentrer dans l'arène.

Œdipe, "exposé" sur le mont Cithéron, est sauvé et adopté par le roi de Corinthe qui l'élève comme son fils. Jusqu'au jour il ne peut faire autrement que tuer son père, épouser sa mère et monter sur le trône de Thèbes.

Romulus et Rémus, quant à eux, sont jetés dans le Tibre avant d'être secourus par une louve. Au terme d'une adolescence pastorale, ils tuent celui qui avait voulu leur mort, et ils s'en fonder la ville de Rome.

Moïse tue un Égyptien maltraitant un Hébreu, par Julius Schnorr von Carolsfeld

Moïse, abandonné aux eaux du Nil, est élevé dans le palais du pharaon, jusqu'à ce qu'il prenne conscience du sort que les esclaves hébreux endurent de la part des Égyptiens. En tuant l'un d'eux, il rejoint son peuple,

On dit que, trahi par ses demi-frères bien décidés à usurper son trône, le jeune Charlemagne cherche refuge en Espagne à la cour d'un roi sarrasin qui lui fait faire ses premières armes.

En Nouvelle-Zélande, la mère de Maui jette son enfant prématuré à la mer. Les esprits de l'océan l'enveloppent dans des algues, et c'est son ancêtre divin qui l'élève, jusqu'à ce qu'il émerge de la mer. Son premier exploit alors est de retrouver sa mère et ses quatre frères,

Tristan est, dès sa naissance, privé de son père, tué au combat, et sa mère. meurt aussitôt après l'avoir embrassé... Confié à un écuyer, il apprend à "manier la lance, l'épée, l'écu et l'arc, […] diverses manières de chants, le jeu de la harpe et l'art du veneur", jusqu'au jour où il est enlevé sur un bateau qui le laisse dans une forêt. Des veneurs auxquels il montre la bonne façon de dépecer un cerf le présente au roi Marc qui le garde près de lui. Jusqu'au jour où Tristan se distingue en terrassant le terrible Morholt.

À noter qu'il est possible de lire le trajet de ces différents héros sur le modèle de l'initiation : une séparation initiale d'avec son milieu familial, un long et fructueux apprentissage menant à une épreuve qualifiante et reprise de la place qui leur est due au sein de leur communauté.

Livres

. Clara BELLAR, Être et devenir, Faire confiance à l'apprentissage naturel des enfants, Éditions l'Instant présent, 2017
. Arnold VAN GENNEP, Les Rites de passage, Picard, 1909
. René GIRARD, La violence et le sacré, Grasset, 1972
. Joseph BÉDIER, Le Roman de Tristan et Iseut, L'Édition d'art et H. Piazza, 1946

FILMS

. Peter WEIR, Mosquito Coast, 1987
. Cédric KAHN, Vie sauvage, 2014
. Sidney LUMET, À bout de course, 1988
. François TRUFFAUT, Les 400 Coups, 1959
. Sean PENN, Into the wild, 2007
. Richard LINKLATER, Boyhood, 2014

Programme 2022-23


captain fantastic

USA, 2016- 118 minutes - couleurs - vo

Réalisation : Matt Ross
Scénario : Matt Ross
Image : Stéphane Fontaine 
Musique : Alex Somers
Interprètes : Viggo Mortensen (Ben Cash), Frank Langella (Jack), George Mackay (Bodegan, "Bo"), Samantha Isler (Kielyr), Annalise Basso (Vespyr)

SUJET
Ben élève seul ses six enfants dont la mère a dû être hospitalisée. Ils vivent, isolés, au cœur d'une forêt profonde. Père dévoué, il se consacre à leur assurer une éducation alternative peu conventionnelle grâce à laquelle ils deviennent étonnamment matures pour leur âge.
Mais, à la nouvelle du décès de leur mère, ils doivent abandonner ce paradis. Le contact avec le monde ordinaire va obliger Ben à remettre en cause ses méthodes d'éducation.